Une jeune physicienne mathématicienne française, Cécile DeWitt-Morette, fonda l’École de Physique des Houches en 1951. En moins de quatre ans, la formule unique de l’École avait déjà acquis une réputation mondiale. À cette époque, il n’existait nulle part en France, ni même en Europe, de cours avancés équivalents aux classes de master actuelles sur des sujets contemporains tels que la physique quantique ou la mécanique statistique. Les physiciens les plus brillants se trouvaient principalement aux États-Unis, parmi lesquels de nombreux physiciens européens qui s’y étaient installés après la guerre, dont Cécile DeWitt elle-même. La France et l’Europe accusaient un retard considérable dans l’enseignement et la pratique de la physique moderne.
L’École de Physique des Houches attira de nombreux physiciens de tout premier plan, venus enseigner au tableau pendant deux mois durant l’été. La formule était unique, simple et efficace. Offrant une vue remarquable sur le massif du Mont-Blanc, loin des laboratoires et des amphithéâtres universitaires, les « jardins suspendus » de l’École des Houches devinrent un lieu où les étudiants pouvaient échanger directement avec Wolfgang Pauli, Enrico Fermi, Richard Feynman, Julian Schwinger, Alfred Kastler, Nicolaas Bloembergen, Kip Thorne, Claude Cohen-Tannoudji et bien d’autres, autour d’une tasse de café. Léon van Hove, futur directeur du CERN, y donna d’ailleurs le premier cours, consacré à la mécanique quantique, en 1951. Aujourd’hui, 51 lauréats du prix Nobel et de la médaille Fields ont enseigné aux Houches.


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